Je ne suis pas une mauvaise mère mais...

Burn out

Burn out maternel

Le 25 juillet dernier, ma fille a eu un an.

Je n’ai pas été capable d’en parler ici, ni sur les réseaux sociaux.
Une partie de moi avait envie de revenir tendrement sur cette année passée à la découvrir, à m’émerveiller de tout ce qu’elle est, de tout ce que je devine déjà d’elle, des ressemblances et des différences que je constate avec son grand-frère mais…

Une autre partie de moi n’a pas pu s’en réjouir.

Pour être honnête, je sais que si je n’ai pas réussi à fêter cet anniversaire, c’est que cela me renvoyait immanquablement au vœu que je formais à sa naissance.
Je me revois à la maternité, en train de contempler son petit visage tout fripé rond, ses fins cheveux et ses grands yeux noirs… heureuse et un peu inquiète aussi de cette nouvelle vie à quatre… je me suis promis en mon fort intérieur « Cela va être une année marathon, mais dans un an, ça ira mieux. Le plus dur serait fait et tout sera plus facile.« 

Naïve.

Mon année marathon, je l’ai eu.
Je crois qu’en regardant les 12 derniers mois, je peux même assurer que je viens de passer la pire année de ma vie.
Je sais également que je suis incapable de revivre une année comme ça. Ni même un mois de plus. Même une semaine me semble insurmontable. Je suis usée, fatiguée, étirée comme du beurre sur une tartine trop longue (je vous laisse retrouver la référence 😉 )

C’est difficile à admettre, c’est dur à dire et sûrement horrible à lire… (pardon)

D’ailleurs, pour l’écrire ici, il me faut me forcer à reconnaître que je ne suis pas une wonder mum, jonglant d’une main de maître entre des ateliers Montessori DIY, la charge de travail de mon boulot (parce qu’un temps partiel à 80%, rappelons le, c’est quand même le travail du 100%, mais avec des sous et du temps en moins pour le faire), ma vie de couple et ma féminité qu’il est bon ton de ne pas oublier. Car oui, enchaîner des journées de 15 heures n’est visiblement pas une excuse pour laisser sa pilosité en jachère ou zapper de se maquiller si l’on en croit nos amis les magasines féminins…

Bref, même si j’ai abandonné la tentation d’être parfaite il y a bien longtemps, ce n’est pas un constat facile.
Admettre que cela n’allait pas, que je ne m’en sortais pas m’a pris du temps.

Au début, je répondais pudiquement, aux gens qui me demandaient comment se passait le quotidien avec deux petits en bas âge, un job prenant et des transports quotidiens de plus de deux heures, que ce n’était « pas évident en ce moment« .
Pudiquement, car bien sûr, je suis tout à fait consciente de l’immense chance que j’ai de n’avoir pas galéré, comme tant de parents, pour avoir mes deux petites têtes brunes. Parce que j’ai la chance d’avoir un travail intéressant qui me permet de gagner ma vie, alors que tant de gens sont au chômage, ou que tant de mamans peinent à (re)trouver un boulot. Parce que j’ai la chance d’avoir deux enfants en bonne santé. Parce que j’ai la chance d’avoir un mari que j’aime, qui m’aime et qui s’implique. Parce que, vous allez me détester, j’ai même eu la f*cking chance d’avoir non pas une, mais DEUX place en crèche pour mes petits…

Aucune raison de me plaindre quoi.

Et puis le moment « pas évident » s’est étiré sur des semaines, puis des mois, puis sur toute l’année.
J’ai dû arrêter de me mentir à moi-même. Et aux autres.
Non ça n’allait pas.
Non ça ne va pas. Du tout.
J’adore mon fils, je ne voudrais pas d’un autre enfant que ma fille, mais c’est juste… trop pour moi. Peut être que je me noie dans un verre d’eau, mais j’ai atteint mes limites.

Je n’en peux plus de ces centaines de nuits hachées menu menu. Des réveils aléatoires, jamais synchronisés. Des nuits que la petite arrête d’un coup de « faire » sans raison apparente, en reprenant un rythme de deux à trois réveils pendant des mois et qui surtout ne veux plus, du jour au lendemain, se rendormir seule….
J’ai passé des heures accroupie dans le noir à caresser sa petite tête bouclée, à l’entendre respirer paisiblement et à la voir se réveiller à peine un pas esquissé en direction de la porte. Et quand par miracle elle dort d’une traite, c’est mon grand qui prend le relais. La fatigue est devenue pour moi comme un filtre instagram un peu buggé, qui floute toute ma vie en teinte fades et grises, de manière permanente. Je ne me souviens pas d’un moment où je me sois sentie sereine, posée et reposée depuis… genre quoi ? Le début de ma grossesse, il y a… presque deux ans ? Ou bien avant ?!? Je ne sais même plus quel effet cela fait de se réveiller parce qu’on a assez dormi. Je ne savais pas que somnoler seulement quatre à cinq heures par nuit, durant des semaines, était possible.

Je suis usée des sollicitations de mes enfants. J’ai encaissé durant des mois, aujourd’hui je touche le fond de mon réservoir de patience, et je les vis comme des agressions. Avec une grande découverte au passage, mesdames et messieurs : bien qu’absolument convaincue que l’éducation dite « bienveillante » est vraiment ce qu’il y a de plus bénéfique pour nos petits, je me rends compte, en toute humilité, que je suis incapable d’appliquer le quart de la moitié de ce qu’il faudrait lorsque mes besoins primaires ne sont pas un minimum comblés.
C’est absolument contre-productif, mais si vous me rationnez en sommeil deux trimestre d’affilé, que vous me collez une charge de boulot démentielle, que vous m’empêchez de manger car c’est l’heure du repas des enfants et que bien sûr, ils hurlent en MÊME temps, que vous ne me laissez même pas 30 secondes pour aller aux toilettes sans cris et tambourinage intempestif sur la porte des W.C, et que vous saupoudrez tout cela de pleurnichements et geignements stridents (mes enfants grincent comme de petites crécelles lorsqu’ils sont contrariés) eh bien c’est simple… je me transforme en mégère pas apprivoisée, qui hurle en tapant dans les coussins (parce que, vraiment, c’est limite et que ce n’est pas le coussin qu’elle a envie d’assommer, mais plutôt le grand qui vient de réveiller la petite avec un énième caprice à la noix)
Et qui finit par pleurer qu’elle voudrait juste qu’on lui fiche la paix et colle sa marmaille devant un épisode de My Little Pony en culpabilisant bien entendu de le faire.

Mais surtout, surtout, ce qui m’use le plus, c’est cette sensation de ne jamais avoir de temps pour moi ou pour les choses que j’aime. De ne voir ma vie que comme une suite ininterrompue de corvées. De 6h30 à 21 h, ne pas pouvoir me poser une minute, entre le RER, le boulot, la crèche, les bains, les machines à vider, les repas à cuisiner réchauffer, les pyjamas à enfiler, les pleurs, les câlins à donner, les démarches administratives à faire, le coucher à gérer, les réveils de la nuit à supporter….
Sans parler des milliers de trucs auxquels il faut penser, qu’il faut anticiper, cette fameuse charge mentale… modes de garde, inscription à l’école, stocks de vêtements, vacances, suivi médical, relances à la CAF, courses à prévoir…

J’arrive parfois à laisser de côté ce qui me mine pour me concentrer sur les bons moments (car il y en a. Bien sûr qu’il y en a) et à les garder dans ma mémoire, mais j’ai trop souvent l’impression que ce ne sont que des parenthèses, des exceptions. Même si je crois dur comme fer que je retiendrais surtout de la petite enfance de mes enfants les sourires, la petite main de mon fils qui se glisse dans la mienne, le rire de ma fille, les histoires du soir…. je vois bien que plus le temps file, plus il m’est difficile de profiter de ces instants, tant le quotidien est infernal.

Alors, oui, je sais que ce n’est qu’une période, qui finira par passer.
Mais cela fait trop longtemps que je m’accroche à cette idée. Je suis fatiguée. Épuisée même. Ce n’est pas comme cela que je voyais ma vie. Attendre, serrer les dents, rentrer le cou ? Alors que je suis raide dingue de mes enfants, ne pas avoir la force ni l’envie certains soirs de leur faire un simple câlin ? Sentir, lorsque la colère monte, que je suis vraiment à deux doigts de frapper mon fils, de secouer ma fille comme un prunier, alors même que je sais que cela ne sert à rien, que cela est mauvais, mais que, bon sang ! qu’est-ce que cela me ferait du bien de me défouler sur eux, de les faire taire enfin ?!
Ce n’est pas ce que je veux. Mes tripes me disent que ce n’est pas comme cela que c’est censé se passer.
Avoir des enfants ne devrait pas être si compliqué !
Je pensais qu’en travaillant dur, tout le temps, je méritais au moins d’en profiter un peu.

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Je suis quelqu’un d’assez rationnel au naturel. (Pensez donc, j’ai même fait une liste des « pour » et des « contre » avant de savoir si je devais accepter d’épouser Papa-pas-BCBG !! Pas romantique pour un sou la minette 😉 )
Donc bien entendu, je cherche à améliorer la situation, à changer les données du problème, car je ne me fais aucune illusion :
je vais droit dans le mur à ce rythme.
Nous allons droit dans le mur.

Après plusieurs semaines et même si cela n’a pas été évident de se dégager du temps pour chercher un nouveau travail, envoyer des candidatures, passer des entretiens, encaisser les réponses négatives… je viens de trouver un nouveau job 😀 Démarrage au premier novembre ! Un peu plus près de chez moi, dans un tout nouvel environement… C’est un gros challenge, car je ne possède pas toutes les compétences requises (promis je n’ai pas pipoté mon CV hein !! Enfin pas trop quoi…), mais pour la première fois depuis des mois, je me sens enthousiaste en pensant à ce que je vais faire !

A la rentrée, nous essayerons de prendre une baby-sitter pour s’occuper au moins deux soirs par semaine des sorties d’école/crèche, des bains, du dîner… pour pouvoir ne pas courir, rentrer sereinement du boulot. Et si ça passe financièrement, peut-être même une femme de ménage ?!?

Pour finir, nous venons de confier les deux petits à mes parents pour deux semaines. Cette semaine où je bosse encore (mais le soir, quand je rentre c’est la libertéééééé !!!), et une semaine où nous partirons en amoureux (à cette heure, nous ne savons pas encore où…. on est un peu à l’arrache 😉 )
Puis il y aura une semaine de vacances en famille, au bord de la mer.
Alors oui : sur mes deux semaines de vacances, je n’en passe qu’une seule avec mes enfants. Oui, je les « abandonne » deux semaines loin de moi, alors qu’ils sont encore si petits…

Mais c’est nécessaire. Vital même, si je dramatise un tantinet.
Je veux une « coupure« .
Je veux qu’ils me manquent. Recharger mes batteries, faire ce que j’aime, dormir, être égoïste, m’ennuyer même… Pour pouvoir attaquer l’année suivante requinquée.
Je veux être de nouveau motivée par ma vie professionnelle. Je veux pouvoir partir le soir, non pas parce que c’est l’heure et que sinon mes enfants finiront au poste de police, mais parce que j’aurai bouclé le dossier du jour. Parce que c’est un confort de partir du travail sans culpabiliser en pensant à tout ce qu’on n’a pas fini. Je veux pouvoir me libérer du ménage ET avoir une maison propre… et peut-être même du linge repassé (soyons fous !!)
Je veux retrouver du temps libre pour moi, pour ce que j’aime.
Pour ceux que j’aime.
Je veux juste retrouver le plaisir de passer du temps avec mes enfants. Sans avoir envie de m’enfuir et de disparaître loin d’eux.

Je suis sûrement une fichue égoïste, paresseuse, capricieuse et exigeante. Qui veut tout et son contraire. Je m’écoute sans doute trop. Ou alors pas assez, allez savoir, les deux versions sont valables.

Mais je veux que cela aille mieux.
Parce que je les aime moi, mes petits. À en crever.
Mais quitte à choisir, pas au sens littéral du terme.

*** *** ***

Voilà sûrement un des textes les plus personnel que j’ai écrit jusqu’à présent. À chaud, à l’instinct, quasiment d’une traite. Suis je la seule à me sentir au bout du rouleau ? Est ce que cela s’arrête un jour ? Quelqu’un d’autre a fait une liste pour savoir s’il devait épouser son conjoint ???!

152 réflexions au sujet de « Burn out »

  1. Bonjour Maman BCBG, piou, merci pour ce témoignage ! j’espère que tes nouveaux projets vont t’aider à avoir la vie plus légère. Très bonne idée la baby-sitter et le changement de job. Quand je vois ton rythme, je pense que peu de gens seraient capables de le tenir, ça ressemble surement à celui que j’aurais eu si j’étais encore dans mon ancien job en France avec des bouchons en voiture matins et soirs et 50h de boulot par semaine, inconcevable pour moi auj et encore je n’avais pas d’enfants ! petite question, comment ton mari vivait ces semaines, lui ?

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    1. Merci madame Chou pour ton commentaire. J’espère aussi que tout ces changements allégeront le rythme, même si deux semaines de vacances ont déjà fait du bien !

      Papa pas BCBG a vécu ces derniers mois beaucoup moins durement que moi… la répartition des tâches n’étant pas la même, cela a généré pas mal de discussion, car le rééquilibrage est devenu vital…
      On a échangé par exemples certaines choses : il s’est occupé des enfants le soir, et moi je suis passé du matin. Il a ainsi pu se rendre compte que partir super tôt du boulot pour récupérer deux enfants fatigués avec bains et repas à gérer était loin d’être de tout repos !!

      Bref le rythme est fatiguant pour nous deux, et l’alléger nécessite non seulement une meilleure répartition, mais aussi de pouvoir déléguer certaines choses si cela est possible (femme de ménage par exemple, BB sitter pour récupérer les petits certaines soirs etc.)

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  2. Wow, j’ai tout lu d’une traite aussi. Je ne sais comment l’expliquer, je me suis sentie extrêmement touché par ton article. Le plus étonnant est que je suis célibataire et sans enfants. Sans doute que mon commentaire t’importe peu du coup. Mais j’ai trouvé bouleversant ton témoignage. Toi qui ne laisse rien paraître, qui dans tes dessins, ne nous donnent que de la joie, de l’amour, du rire, de la candeur. Je sens l’odeur de la cold cream mustella jusqu’ici quand je regarde des dessins.

    On sent bien que tu aimes tes enfants, il n’y a aucun doute là-dessus. Et toute la fatigue que tu subis, c’est pas étonnant qu’elle entache un peu les loyaux sentiments que tu éprouves pour tes chérubins. Un bon plat de pâtes, si tu le manges 4 mois d’affilé à tous les repas, paraît sans doute beaucoup moins bon. C’est comme ça, et si tu y ajoutes du stress de la journée, des collègues qui t’ont saoulé, ton conjoint qui manque de compassion, ta famille qui ne te comprend pas parce qu’elle pense que tout va bien, et tes enfants qui sont excités à 18h comme tous les soirs, c’est normal que ça te court sur le haricot, et les pâtes n’ont plus du tout le moindre goût.

    Je ne te juge pas du tout, et j’espère que personne ici le fera. A mon avis, tu as désamorçé beaucoup de bombes qu’aimeraient envoyer les mamans blogueuses, qui font toujours les belles en disant ma vie est géniale, j’ai le temps de m’occuper des petits, de faire des défilés dans les rues de Paris, pour prendre en photo mes fringues et même d’aller dans des spas et mes faire masser les pieds.

    J’aimerai te témoigner tout mon soutien, je suis bien sûre qu’il n’a pas grande épaisseur à tes yeux, mais crois-moi, je suis de tout coeur avec toi. je n’ai pas de solution miracle, je pense en effet que le seul moyen pour que tu sois plus décontractée et moins au fond du rouleau (contraction de deux expressions bien adaptées à ta situation), c’est de t’accorder du temps à toi. Tu te démerdes comme tu veux , demande à des amies de venir te donner un coup de main, une voisine, ou tes parents, pendant que toi, tu fais CE QUE TU VEUX EN SOLO.

    L’idée de la babysitter voire de la femme de ménage me parait déjà excellente. Courage ma grande !

    Ornella

    http://www.dansleshautesherbes.com

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    1. Merci Ornella, ton commentaire m’a beaucoup touché. Cela me fait chaud au cœur que tu comprennes ce que je ressens, encore plus avec nos vécus différents.Merci…

      C’est vrai que lorsque je fais un dessin, j’ai souvent tendance à représenter les moments sympas ou adorables du quotidien, car ce sont eux que j’ai envie de retenir mais cela participe surement à l’impression que « tout va bien » alors qu’en fait… pas toujours… ! L’image du plat de pâtes est très juste en ce sens.

      J’adore ton expression « au fond du rouleau » 😉

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  3. Je découvre seulement ton billet et tu m’as mise KO! Moi qui pensait écrire un article sur mes peurs pour BB2, tu rentres pile dans le thème. Si cet article se concrétise, je pense que je te citerai, ça ne te dérange pas?
    Tout ce que je peux dire, c’est que je crois que je te comprends et je crois qu’avec un BB2, je risque également de me noyer… J’espère que les décisions que vous avez prise pour vous aider à passer ce cap interminable seront salvatrices. Je te le souhaite vraiment et au final j’y crois également pour toi!
    Bonnes vacances si tu y es encore, repose toi bien et belle aventure dans ton futur job!

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    1. Hello Madame Bobette, merci pour ton commentaire 🙂
      Aucun de soucis pour un lien vers mon article, mais je m’en voudrais de t’effrayer pour ton numéro deux… 🙂
      Certaines maman sont débordées avec un enfant (moi même je me sentais débordée lorsque je n’avais que mon fils ^^’), d’autres gèrent comme des chef cinq petits… et vice et versae…
      Ce que je veux dire, c’est que cet état de burn out n’est pas un passage obligé, ne DEVRAIT pas être un passage obligé… c’est juste que ces choses arrivent finalement à beaucoup plus de personnes que l’on pourrait le penser de prime abord… Et que je me rends compte que c’est important d’être honnête avec soi même et de pouvoir dire « je n’en peux plus »

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  4. Bon j’arrive après la bataille (forcément avoir un bébé de deux mois ça aide pas^^). Comme toi je me suis préparée à en chier (littéralement!) pendant un an et franchement la reprise du boulot dans une semaine me fait totalement baliser (surtout avec le nouveau rythme de Bébou à l’école). Enfin bref. Je serai peut-être (sûrement?) dans le même cas que toi d’ici peu et je veux te dire un truc. Ne culpabilise pas. Personne n’est superwoman (en plus les collants en vinyle et la cap c’est carrément démodé). Tu fais du mieux que tu peux et je suis sûre que pour tes enfants tu es la meilleure maman du monde.

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    1. Merci beaucoup pour ce commentaire 😀
      Les premiers mois sont sportifs, mais essaye de te ménager au maximum… j’ai réalisé un peu tard, que ce n’était pas un sprint, mais une course d’endurance alors…. prends soin de toi 😀

      Et d’accord pour le vinyle, c’est démodé…. le latex je dis pas, mais le vinyle… pouah !!! 😉

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  5. Je passe bien tard sur ce billet… Mais je t’envoie tout de meme un calin! Tu as bien raison, la premiere annee d’un enfant est epuisante, ecrasante de disponibilite, de patience, d’oubli de soi aussi… Chez nous, c’est aussi l’arrivee du deuxieme enfant que j’ai trouve la plus difficile, quand il s’est agit de tenir le coup logistiquement, physiquement et moralement.
    Ne te decourage pas. Ca devrait commencer a aller insensiblement vers le mieux, un peu plus chaque jour… et je crois que tes nouvelles resolutions en terme d’organisation sont le bon choix. Cette idee de repartir sur de nouvelles bases, qui correspondrait mieux a votre equilibre, aujourd’hui, me semble tres saine.
    Plein de courage a toi. Je crois en toi. Et en plus, en toute objectivite, tu es une Maman qui dechire 🙂

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  6. Coucou :).
    J’ai enfin pris le temps de venir voir ton blog (je ne suis plus trop une lectrice de blog.. ). Cet article m’a touché au plus profond de mes tripes… Tu dis tellement de choses que je n’ai jamais osé exprimer même à mon amoureux… Mes 2 filles ont 18 mois de différence, et la petite qui a maintenant plus de 2 ans se réveille encore plusieurs fois par nuit (j’ai arrêté de compté et puis ça peut aller de nuits complètes parfois à des réveils toutes les heures…). Elle ne fait pas toujours de sieste, et pendant longtemps, voulait toujours etre collée à moi, dans mes bras… La grande, quant à elle, fait beaucoup beaucoup de crises de colère. Son terrible two a commencé un peu avant ses 2 ans et s’est transformé en en terrible three… Elle va avoir 4 ans et même si ça c’est un peu calmé, on a des crises plusieurs fois par semaine…
    Côté boulot, je suis prof dans un collège. Du coup l’année dernière avec la réforme, j’ai du refaire TOUS mes cours… et je ne pouvais bosser qu’après 21h, du coup c’était jusqu’à 1h du mat souvent. Et puis le réveil sonne à 5h30 et en genréal entre temps j’avais eu droit à 2 ou 3 réveils de ma mini…
    Je suis devenue exaspérée en permanence aussi bien par mes élèves que par mes enfants… et je culpabilise et pleure souvent (surtout pour mes enfants… j’ai arrêté de pleurer à cause de mon boulot depuis quelques années et tant mieux !).
    Mon commentaire est déjà beaucoup trop long alors je vais m’arrêter là mais je trouve génial que vous ayiez trouvé des solutions… (Je reve d’une femme de ménage. ..), je t’embrasse fort.

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    1. Merci Rose et Lilas pour ton commentaire qui me touche beaucoup.
      Lorsqu’on voit (ou entraperçoit 😉 ) tes filles si mignonnes et rayonnantes sur Instagram, et qu’on lis tes commentaires, on ne se doute pas des difficultés qu’il peut y avoir derrière…

      Tu fais en plus un métier très prenant et qui demande beaucoup d’implication humaine (même s’il est bien connu que les profs ne fichent rien, et ont toutes leurs vacances scolaires ah.ah.ah… #ironie) donc tu dois « donner » de toi en permanence… et avec le rythme de sommeil que tu as… normal d’être à bout…

      Ici on a aussi un terrible two qui s’étale jusqu’au trois ans, et maintenant trois ans et demi… par périodes (parfois deux semaines où mon fils est adorable et puis de nouveau anarchie et contestation non stop…)

      J’espère que ça va aller de ton côté et que petit à petit il y aura du mieux. Essaye d’en parler quand même à ton amoureux pour voir concrètement de quoi il pourrait te décharger… Certains parents alternent pour les réveils de la nuit, un soir l’un, un soir l’autre par exemple….

      Plein de courage et de bisous en tout cas !!!

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  7. Plein de bises d’encouragement (toujours BCBG évidemment !). Je suis très admirative parce que tu nous démontres par ton billet si franc et si lucide que tu es une épouse et une mère qui a le souci de bien faire, avec des épaules larges comme ça et un coeur gros comme ça. Nous passons toutes par là à un moment où à un autre : celles qui travaillent à l’extérieur parce que le rythme est fou et celles qui bossent à la maison parce qu’elles se sentent inutiles en plus d’être épuisées. Faire un break est toujours la meilleure solution et tu as l’immense intelligence (et force) de le faire. Alors bravo !!! Et bravo aussi pour ton nouveau travail

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  8. J’ai connu exactement la même chose la première année de mon Minimoy. Et je n’ai même pas repris à 80% puisque j’espérais une promotion que l’on m’avait fait miroiter mais que j’ai manquée (car je suis revenue de congé mat une semaine après la clôture des entretiens annuels).
    Passer de 1 à 2 enfants est réellement un choc. Personnellement je faisais l’admiration de mes copines « multipares » car je ne criais jamais sur mon Maximoy… c’était avant que Mini arrive, avant le cataclysme que représente l’arrivée du numéro 2 et pour lequel on n’est jamais suffisamment préparé.
    J’espère que votre semaine à deux vous a fait du bien. Du temps en couple est absolument indispensable pour se sentir femme, et se sentir amoureux (et je sais de quoi je parle, j’en ai d’ailleurs déjà parlé 🙂 )
    Et surtout, tu as le droit d’être égoïste de temps en temps !!
    http://www.milleviesdemaman.fr/mamanmaispasque

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    1. Ahahaha oui je me souviens à quel point j’étais zen aussi pour mon premier… un vrai Boudha…. et de me dire, un peu condescendante… « ben voilà, c’est pas si compliqué à gérer une colère »… ahhahahhahaa j’en rigole encore !!!

      Notre semaine à deux à fait un bien fou… on va essayer de ne pas retomber dans les même ornières en ce début d’année scolaire, mais ça m’a redonné de l’énergie et de l’enthousiasme !

      Et pour ton 80% et ta promotion… c’est ecoeurant, vraiment scandaleux 😦

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  9. Je me revoie, lorsque ma fille aînée a eu 1 an, exactement dans le même état que celui que tu décris là. Et alors que ma seconde a tout juste trois mois et que je reprends le chemin du travail, je n’ai qu’une peur : finir sa première année épuisée, complètement sur les rotules.
    Voilà, je n’ai pas forcément plus de solutions que celles que tu as déjà commencées à mettre en place et auxquelles je vais m’accrocher tout au long de l’année, mais j’espère que tu sortiras de cette douloureuse spirale et que moi, de mon côté, je n’y retomberai pas à nouveau.
    Bon courage et bonne rentrée !

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    1. Merci 🙂
      Je pense que déjà être consciente de ce qui peut arriver permet d’être à l’écoute des petits signes qui font dire que « non ça ne va pas » et qu’il faut redresser la barre avant la catastrophe… (enfin j’espère !!)
      J’espère que ta reprise se passera au mieux et que tu arriveras à prendre soin de toi tout au long de cette année !! Bon courage 🙂

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  10. Comme je vous comprends 😉
    Je pense que vous n’êtes pas la seule dans cette situation ! Être parfaite : maman parfaite, femme parfaite, avoir un intérieur parfait et surtout, des enfants parfaits… Cela pèse beaucoup sur les femmes…

    En revanche, parle-t-on du mari ou papa parfait??? Quelle injustice !

    Moi, j’y ai renoncé après l’arrivée des numéros 3 et surtout, du 4, qui sera LE DERNIER.
    Je suis maman au foyer, par envie, alors il m’a fallu beaucoup de temps pour admettre que finalement personne ne me jaugeait (pas trop😉)
    Donc je puni de TOUT, je menace (exit l’éducation bienveillante depuis le 2éme), je laisse volontiers les enfants à la Baby Sitter pour quelques heures pour aller chez une copine ou faire un restau, je ne fais les courses qu’aux drives, plus de shopping pour les enfants, eux, c’est sur le net, content ou pas content (j’ai déjà dit à un des enfants que s’il n’était pas content de mon choix, libre à lui d’aller tout nu à l’école), je ne raterais pour RIEN au monde mon activité du mardi soir… J’ai également appris que si un enfant mangeait la même chose le midi et le soir, ou un surgelé de temps en temps, il n’allait pas grandir de travers!! Je ne culpabilise plus depuis que je me suis rendue compte que de me réveiller à 4h00 du matin, ne les faisait pas culpabiliser 😁

    Et je pense que je les aime mieux… Alors oui, lit comma ça fait un peu « mauvaise maman », mais ça vaut mieux que d’être « maman dans les fait divers pour infanticide » 😂
    Et puis, mes fils me couvent de bisous, de cadeaux (en été et au printemps, de vieux pissenlits rabougris ou de vieilles Marguerite, en automne une myriade de marrons😓, des dessins qui relèvent pour la plupart de l’art conceptuel..) et des mots doux du style : « maman je t’aime plus que mon doudou…😕 » Tout ça ne fait absolument pas regretter ma façon d’agir!

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    1. Merci 🙂
      Pour la pression du papa, je pense qu’effectivement ce n’est pas du tout pareil… la société va avoir tendance à attendre d’un homme qu’il subvienne au besoins de sa famille, mais surtout financièrement parlant….
      Donc une fois que cet aspect là est « réglé », l’homme sera « tranquille » par rapport à son apparence physique, la tenue de la maison, l’apparence des enfants, leur éducation (sauf pour punir puisqu’on attend souvent d’un papa qu’il incarne l’autorité)… toutes ces milliers de choses qui pèsent encore sur les femmes…

      Mon mari assure ceci dit beaucoup de choses à la maison et avec les enfants, mais il a fallu que nous rééquilibrions certains trucs pour que ce soit plus égal.

      Hihi, vous avez su marquer votre territoire en tout cas et c’est très bien…avec 4 enfants sinon vous passeriez votre vie à négocier le moindre truc. Et les enfants ne culpabilisent pas en effet de nous réveiller à 4h du matin, alors nous ne culpabilisons pas de prendre un peu de temps pour nous, ou de trancher dans le vif 🙂

      Et comme vous dites, vos enfants ont l’air de l’adorer leur « mauvaise » maman !! 😉

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  11. Merci beaucoup pour ce témoignage. Je reconnaît tellement ce que je vis actuellement avec mes deux filles (18mois d’écart et la dernière a à peine un mois). Je compatis entièrement avec toi dans cette épreuve et souhaite encore beaucoup de courage pie la suite. Car oui, c’est une épreuve !
    Te lire m’a réellement fait du bien, je ne te connais pas mais je me sens moins seule ce soir. Tu as mis des mots sur ce que je ressens et que que je n’arrive pas à exprimer. Merci

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    1. Merci Jungle Mum pour ton commentaire qui me touche beaucoup.
      Bon courage à toi aussi, avec deux tout petits (dont un nourrisson, et Dieu sait que les premiers mois ne ressemblent à rien) j’imagine bien que c’est très difficile…
      J’espère que tu as autour de toi des gens qui peuvent t’aider et te soulager. Prends soin de toi en tout cas, c’est comme cela que tu prendras le mieux soin de tes filles 🙂

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  12. Ah comme je reconnais la période que vous décrivez! Heureusement, pour nous, elle est derrière… Car oui, bonne nouvelle on en sort. Je crois que dans tout ça, c’est le sommeil qui définit tout, enfin plutôt le manque de sommeil. Et forcément ça finira par s’arranger.
    Et puis vos enfants sont jeune et ont des besoins qui peuvent paraître étouffants.Au fil des mois, ça va s’arranger, ils vont grandir avoir toujours autant de besoins mais différents moins envahissants. Ils vont jouer ensemble, aussi.
    J’ai 4 enfants, et les trois aînés ont un an et demi d’écart, et quand je repense aux premières années… olala quelle galère…. Je reconnais tout à fait les émotions que vous décrivez, la violence qu’on sent gronder en nous, la difficulté qu’on a de reconnaître qu’on est face à nos limites et pire qu’on est poussé au-delà. Et puis, un jour, on se rend compte qu’on commence à sortir la tête de l’eau et la vie de famille redevient un lieu d’épanouissement et de bonheur.
    Ce qui m’aide au jour le jour, quand je sens l’énervement monter, c’est de regarder mon enfant, vraiment le regarder et de me laisser attendrir par lui.

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    1. Merci Odile pour votre commentaire 🙂 Vous ne pouvez pas savoir à quel point cela me donne de l’espoir !
      C’est vrai que chaque jour me rapproche vers le mieux, donc j’ai bon espoir de sortir un jour la tête de l’eau, même si aujourd’hui certaines choses vont déja bien mieux au quotidien 🙂

      J’essayerai de regarder vraiment mon fils lorsqu’il fera sa prochaine crise de caprice, pour voir au delà du petit montre hurlant et tapant du pied… 😉

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  13. Merci pour votre partage. J’ai l’impression que vous avez dressé un portrait de mon épouse (c’est elle qui vient de m’indiquer votre article). Héroïque mais voulant tout faire pour ne pas laisser traîner chez d’autres l’image qu’elle n’est pas une mère, une épouse et une prof parfaites. Le père que je suis et nos cinq enfants n’attendent pas la perfection d’elle. Ils ont juste besoin quelle soit mère et épouse et que notre vie familiale soit cohérente et le plus équilibrée possible.
    Voilà plusieurs mois que je suis derrière elle, sans forcément qu’elle le sache, dans la pièce d’à côté ou en lui passant un coup de fil depuis le boulot (pour une demande « urgente » qui n’est qu’une excuse), afin d’avoir un œil sur son état général puisqu’elle ne le voit pas (ou refuse de l’appréhender totalement).
    La semaine dernière, j’ai craqué (très calmement) et j’ai appelé son lycée : « Elle ne viendra pas travailler aujourd’hui ». Elle n’a pas su quoi me répondre. Elle n’a pas eu le choix. Parfois, il convient que l’un des deux prenne le taureau par les cornes. 4h plus tard, je l’ai amenée chez notre médecin. 5 min on suffit pour qu’elle soit mise en arrêt.
    Mon travail est en berne depuis des mois et je ne m’y présente plus qu’à mi-temps car j’ai une collaboratrice exceptionnelle qui a compris et me seconde à merveille. Ce n’est pas seulement à cause de cela que je ralentis, car j’ai aussi un souci médical et le souhait de voir un peu plus mes petits monstres, mais si j’ai pris cette décision (en la faisant valider par mon épouse dans un moment de lucidité), c’est pour pouvoir prendre un second poste plus rémunérateur et espérer, pour le bien de l’équilibre familial et sa santé, qu’elle passe au mieux à mi-temps (elle n’est « qu’à » 80% elle-aussi), voire qu’elle stoppe son activité. Nos enfants ont bien plus besoin d’elle que son employeur.
    Je commence le mois prochain. Affaire à suivre…
    Bien à vous.
    Louis

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