BCBG

Comment reconnaître un BCBG?

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BCBG.

Bon Chic Bon Genre.
Une appellation qui fleure bon la France profonde et les traditions un peu désuètes.

Cela pourrait être un terme péjoratif, et dans certaines bouches il l’est, mais pour moi c’est surtout le signe d’un état d’esprit, d’une manière particulière de voir la vie, quelque chose de rassurant et de familier.
Caricatural, le BCBG l’est parfois, (qui ne l’est pas?) et s’il fait partie de ces personnes dont on peut se moquer,  il est aussi de ceux dont on apprécie souvent la compagnie au quotidien (enfin personne ne se plaint trop dans mon entourage quoi…et ce n’est pas Papa-pas-BCBG qui oserait)
Vu mon pseudo, vous vous doutez bien que c’est une identité que j’assume dans ses travers et ses qualités, et -je l’espère !- avec humour. Et même si je ne respecte pas tous les codes du milieu (et à moins d’être un cliché ambulant je ne connais finalement pas de BCBG 100 % pur jus), j’éprouve de la tendresse pour ma tribu, bien moins fermée et bien plus vivante qu’on pourrait ne le croire !

Peut-être vous définissez vous vous même comme Bon Chic Bon Genre, arborant fièrement serre-tête en velours ou manteau Barbour ? Ou bien aimeriez-vous savoir avec certitude si votre collègue qui vient d’appeler sa fille Zélie et qui part en vacances en Bretagne fait partie du club ? (réponse : oui. Et pas qu’un peu) Ou peut-être voudriez-vous devenir un vrai Bécébégé et infiltrer les soirées rallye des environs ?
Alors, voici une petite liste, non exclusive et non exhaustive des signes qui permettent d’identifier un BCBG !

Les prénoms BCBG

Premier indicateur, et non des moindres…
Ils peuvent être très classiques, voire intemporels comme Albane, Guillaume, Marie, Alexis, Claire, Côme… Médiévaux comme Tugdual, Violaine, Eloi, Hermine, Foulques, ou bien encore de famille : Timoléon, Hippolyte, Aloïs…
Certains prénoms sont très BCBranchés, ou tellement tombés en désuétude qu’ils en (re)deviennent tendance! Je pense par exemple à Cassandre, Mayeul, Béline, Ambroise, Alma…
Evidemment, il y a aussi les prénoms composés et leurs innombrables variantes: Paul-Henri, Marguerite-Marie, Marie-Astrid, Marie-Napoline, Marie-Couche-Toi-Là
Ils sont aussi volontiers mythologiques, royalistes ou impériaux, comme Louis, Eugénie, Hortense, Ferdinand, Diane, Pauline, Isabelle, Victoire… ou bien bibliques : Gabriel, Myriam, Hélie…
Leur point commun ? Tous ont une histoire, un saint, un ancêtre vénérable ou une belle qualité (Constance, Clément, Sereine…) comme origine. Vous ne verrez jamais un BCBG inventer un prénom pour se montrer original. Tout au plus ira-t-il chercher un personnage complètement inconnu, ou un obscur saint régional pour se démarquer des autres BCBG. « Comment ça vous ne connaissez pas Saint Aubrin ? C’était un évêque auxiliaire du diocèse de Lyon qui naquit à Montbrison au milieu du VIIIe siècle pourtant…! »

La politesse version Bécebège

Attention, loin de moi l’idée de dire que les BCBG sont les seuls à être polis ! Disons plutôt qu’ils ont parfois… quelques options en plus !
Il n’est pas rare par exemple dans les familles BCBG que l’on vouvoie ses grands-parents (que l’on appelle d’ailleurs bien plus souvent Bonne-Maman et Grand-Père que Papy et Mémé), ses oncles et tantes (« Bonjour tante Adélaïde, comment vous portez vous ce matin ? »), voire même ses parents ! Ce qui n’empêchera pas, une fois l’adolescence venue, d’entendre des « Maman vous me faites chier ! » comme partout…
Nous apprenons aussi également assez tôt à proposer notre aide à « la maîtresse de maison » lorsque nous sommes chez quelqu’un. À dire « Bonjour monsieur« , et non « bonjour » tout court. (Ou pire ! « Bonjour monsieur Durand » horreur…!). Nous ne disons pas « enchanté« , ni « bon appétit« , ou alors seulement dans le cadre professionnel. Nous ne nous resservons pas de fromage lorsque nous sommes invités, et j’ai même appris à faire une très jolie révérence lorsque j’étais petite fille…
Un bon test pour savoir si vous êtes en présence d’un Bécébégé est de faire un baisemain à une femme non mariée. Si la personne à côté de vous se met à convulser en bavant sur le sol, c’est qu’il y a de fortes chance que se soit Stéphane Bern  s’en soit un !
Bref, nos « codes » sont parfois un peu différents, mais l’idée sous-jacente est de savoir se montrer délicats et respectueux envers tous, et surtout de savoir s’adapter pour mettre à l’aise les autres, BCBG… ou non !

BCBG: tout un style!

petites-bcbgAh… le look BCBG… on en parle ? C’est peut-être ce qui nous caricature identifie le plus facilement. Bien sûr, vous êtes capable de détecter au premier coup d’œil que le monsieur en chaussures paraboot, pantalon en velours côtelé et chemise à carreaux fait partie du club. Idem pour la petite dame en kilt, avec chemisier à double boutonnage et carré Hermès noué autour du cou qui sort d’une boutique Acanthe, Mais… c’est parfois plus subtil que cela…!

Déjà, il y a un passage quasiment obligé pour tout enfant (de) BCBG qui se respecte : les smocks ! Sur les robes ou les barboteuses, le smocks est l’incontournable d’une garde-robe qui ferait (presque) passer les Triplés de Nicole Lambert pour de pauvres petits va-nu-pieds ! Pour ma plus grande joie, l’artisanat malgache est à la pointe concernant la fabrication des smocks…. inutile de dire que mes beaux-parents m’en rapportent régulièrement de Madagascar !
Les barrettes dorées dans les cheveux, les chouchous PPMC (Papa pique et Maman Coud pour les non-initiés), les Start Rite vernies qui font mal aux pieds, les pashminas, les chaussures bateaux qui déteignent, les manches ballon, les mocassins, les tenues parfois improbables d’enfant d’honneur, les vareuses, marinières et cabans…tout cela a marqué mon enfance et mon adolescence. (Et ceci explique aussi peut-être pourquoi à 14 ans j’ai supplié maman durant des semaines pour avoir un pantalon en synthétique noir avec des dragons dorés brodés dessus… grosse rébellion !)
Et après presque 4 ans de mariage, où en est Papa-pas-BCBG niveau look ? Le pauvre homme porte maintenant des chemises à rayures et carreaux dignes d’un notaire de province. Il s’est laissé offrir une paire de docksides par mes parents, et la dernière fois qu’il est parti faire les soldes tout seul, il est revenu avec un duffle-coat bleu marine et des caleçons vichy…. Je crois qu’il ne s’en rend pas encore compte, mais il file un bien mauvais coton. Encore quelques années et il nouera son pull sur les épaules…

La culture BCbranchée

Non, il n’y a pas une culture propre aux BCBG, inaccessible aux non-initiés, mais… certaines choses se retrouvent de manière suffisamment récurrentes pour que j’en parle ici.
De nombreuses lectures ont marquées notre enfance comme l’intégralité de la comtesse de Ségur (Les malheurs de Sophie bien sûr, mais aussi Après la pluie le beau temps, Mémoires d’un âne, Un bon petit diable…), Alice Roy détective, le Club des 5, la trilogie des Ondine, les Signes de Piste magnifiquement illustrés par Pierre Joubert (Le Bracelet de vermeil, Le Prince Éric, Éric le magnifique, ainsi régna le prince Éric, Éric à la plage, Éric jardine avec papa… et non je ne parlerai pas de La mort d’Éric parce que… je…je… *sanglots*…)
Les BCBG montrent également un attrait très marqué pour la révolution française, mais plutôt du côté… chouans, vendéens voir légèrement royalistes. Disons le franchement, Monsieur de Charrette et le Mouron Rouge ont plus la cote que Robespierre et les colonnes infernales de la guerre de Vendée.
Côté musique, il y a bien sûr les chansons incontournables de l’Hodari que l’on entonne à tue-tête dans la voiture quand on a mal au cœur (que celui qui n’a jamais chanté « Sur le pont du Nord » » ou « L’Espérance » me lance le premier CD de Glorious), les cassettes des chants de l’Emmanuel, avec leurs 14 voix et 18 contre-voix, les frères Martineau, ainsi qu’un ou deux chants militaires pour faire bonne mesure…
Ce ne sont peut-être pas les plus grands monuments de la culture française, ou les plus connus, mais j’adore discuter de ces références communes avec mes frères et sœurs, ma flopée de cousins, et certains de mes amis… Et puis cela n’empêche pas de s’intéresser à autre chose ! En ce moment par exemple, j’en suis à l’épisode 19 de la quatrième saison des Princes de l’Amour alors… (même pas honte !)

Les activités Bécébégé

Les BCBG ont parfois des loisirs qui peuvent sembler un peu particuliers. Sans tomber dans la caricature des week-ends chasse à courre ou tournoi de bridge (caricature pas totalement infondée d’ailleurs, tout cliché ayant une origine), en tant que BCBG il nous est tous arrivé de passer quelques nuits à la belle étoile à l’occasion d’un camp scout. Nous savons allumer un feu avec une seule allumette, tracer un azimut et se perdre, faire un chœur parlé… Franchement, parachutez-nous sur The Island ou Koh Lanta, et on vous installera un vaisselier en brêlage et une tente suspendue en tenon-mortaise en moins de temps qu’il n’en faut pour ne plus sentir le feu de bois après un Eurojam.
Les soirée rallye sont aussi un incontournable dans certaines familles. A mon grand désespoir, mes parents me forçaient à sortir ainsi un samedi soir par mois (c’est le monde à l’envers quand même). Ah j’en aurais attendu des cars place Bellecour à Lyon, en robe longue et étole de soie sauvage, sous prétexte de chaperonner ma petite sœur. Nous nous retrouvions ainsi régulièrement à danser le rock 4 temps avec de jeunes garçons qui transpiraient sous leur veste (pas le droit de l’enlever !) avant de les laisser nous raccompagner au buffet boire un verre de ponch sous l’œil bienveillant des parents organisateurs. Bon, tant que je ne me retrouvais pas bloquée avec un mauvais cavalier pour « Les lacs du Connemara » (qui dure quand même plus de 4 minutes. C’est long 4 minutes. Surtout si le type en face est un taré du rock acrobatique et qu’il tente un soleil toutes les 3 passes. Et puis c’est 4 minutes de Michel Sardou hein, on en parle de Michel Sardou ??!) je m’estimais heureuse.
Une autre occupation des week-ends BCBG est souvent la messe dominicale. Ici, le BCBG ne craint pas l’exotisme. La messe à la paroisse de Saint-Pierre-Quiberon ou de Lucenay-l’Evêque, ça peut vite être un peu banal… Tandis qu’une célébration au grand sanctuaire de Chateauneuf-de-Galaure ou dans les catacombes à Rome, ça change de l’ordinaire de la messe. Idem pour les messes de la Saint-Hubert au milieu des meutes de chien de chasse, celles à Lourdes entouré de tous les malades, celles en pleine nature sur un coin de rocher face au Mont-Blanc enneigé, les processions de Sainte-Anne d’Auray, les cérémonies au Mont Saint-Michel…
Bref, on voyage ! Après… charismatique, tradi-mytho-pêchu, animée par des petits-gris ou en latin, il y en a pour tous les goûts ! Deux questions continuent cependant à ensanglanter nos églises (Seulement deux… si seulement 😦 ): Faut-il oui ou non faire sortir les enfants qui pleurent, et quelle est la durée acceptable pour une « sortie de messe » ? (Merci de ne pas vous taper dessus dans les commentaires…)

***     ***     ***

Voilà un petit peu ce qui me vient à l’esprit lorsque je dis le mot »BCBG ». Bien sûr, c’est une définition très personnelle, incomplète et qui se veut humoristique (je dis cela au cas où la #Team1erDegré viendrait à passer…). Impossible de tout dire ! Je n’ai par exemple pas évoqué l’importance accordée à la famille (bien souvent nombreuse) par la majorité des BCBG, le fait que nos tablées et nos cathomobiles voitures grouillent régulièrement d’enfants, d’amis, de cousins ou de voisins et sont de fait, toujours ouvertes. Je n’ai pas non plus parlé des heures passées à jouer à la messe avec mes cousines où nous nous battions toutes pour faire le curé. Ni de la bizarre passion pour l’homéopathie et l’ostéopathie que nous avons souvent. Ni des méthodes naturelles, ni des mariages Château-Chapeau, ni des chevalières, ni de…
Evidemment, les BCBG ne sont pas parfaits. Certains sont snobs comme des pots de chambre, d’autres, comme moi, sont absolument géniaux, à l’instar finalement, de l’intégralité de la population mondiale. Je voulais juste évoquer avec vous ces myriades de petites références que – après un tri sélectif – j’ai envie de transmettre à mes enfants (qui ont déjà reçus deux beaux prénoms bien Bécébégé, et portent régulièrement de petites tenues à smocks… c’est que j’ai une réputation à tenir moi!)

Et toi? BCBG or not BCBG? Ai-je oublié des caractéristiques incontournables ? As-tu envie de me flageller à coup de collier de perle ?? Je t’écoute !!

Look BCBG - Maman BCG blog Comment reconnaitre un BCBG - Maman BCG blog

105 réflexions au sujet de « Comment reconnaître un BCBG? »

  1. Excellent ! On se retrouve bien dans tout ou partie.
    Un chose est sûre, il y a toujours +bcbg que soit et on est toujours le Lequenois de quelqu’un.
    Merci pour ce bon moment de rigolade et autodérision.

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  2. Excellent ! On se retrouve bien dans tout ou partie.
    Un chose est sûre, il y a toujours +bcbg que soit et on est toujours le Lequenois de quelqu’un.
    Merci pour ce bon moment de rigolade et autodérision.

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